Citoyen du monde

5 Juin

Citoyen du monde

Je suis au café, comme à chaque mercredi soir, et j’attends pour payer mon thé vert. « Avez-vous immigré ici illégalement, mademoiselle? » me demande l’homme à ma droite. Je tourne vers lui un regard interloqué, avant de regarder mes vêtements à la recherche d’un signe qui pourrait bien lui laisser croire que j’ai immigré. Mon regard s’arrête sur le bouquin que je transporte et j’éclate de rire: « Identité nationale et immigration, la liaison dangereuse ».

« Eh non! Je suis née ici, mais l’immigration et l’intégration sont des sujets qui m’intéressent beaucoup, lui ai-je lancé en souriant.
– À mon avis, il ne devrait pas y avoir de lois.
– Pas de lois d’immigration?
– Oui. Ce serait bien si on abolissait les frontières et qu’on devenait tout simplement Terriens… avec un brin de marxisme. »

L’idée m’a fait sourire. Que deviendrait la Terre sans frontières? Que serait le Canada sans lois ni quotas d’immigration? Les gens ne voudraient-ils pas tous habiter les mêmes coins de la Terre? N’aurions-nous pas, à terme, des concentrations de population qui amplifieraient les problèmes liés à la salubrité et l’environnement? Mais peut-être aussi que le fait d’ouvrir les frontières permettrait de désengorger certaines régions actuellement sur-peuplées…

Bien des problèmes liés à l’immigration gravitent autour de la possibilité de travailler. Le travail facilite l’intégration, en plus d’être une source de valorisation. Mais où trouver du travail, quand on change de pays? C’est souvent vers la ville, vers la métropole, que se tournent les immigrants. Sans quotas ni lois, les immigrants seraient-ils trop nombreux à débarquer dans les mêmes villes ? Et que faire de la capacité d’accueil d’une région ? On connaît les débordements que peuvent causer la rupture des fragiles équilibres sociaux, culturels, économiques d’une région donnée.

Au Qc en 2012, on prévoit accueillir environ 53 000 immigrants.
Chaque année, un peu plus de 12% des immigrants installés au Québec quittent la province.

Être citoyen du monde, en fait, c’est aussi voyager, explorer, vivre ailleurs un certain temps, trouver son chez-soi. Être citoyen du monde, c’est d’abord dans la tête, et on peut aussi le devenir en cultivant candidement son jardin.

  • C’est une idée qui laisse rêveur… mais ne serait-ce perdre sa culture, son histoire, ses racines ? Créer une sorte d’uniformité ? Ce que j’adore à Montréal, c’est une ville cosmopolite, de croiser des gens de cultures différentes et d’avoir par leur regard, une autre vision que celle « dictée » par ma société…

    • Tu crois que le fait de ne plus avoir de lois sur l’immigration serait une menace à la pérennité de la culture des immigrants? C’est vrai qu’une ville cosmopolite, c’est beau. Mais ça ne doit pas être si facile de garder ses racines et sa culture tout en s’ancrant ailleurs… À moins de s’entourer d’une communauté tissée bien serré.