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Je t’ai vue

15 Mar

Je t’ai vue

Je t’ai vue, tu attendais ton burger quand je me suis approchée du comptoir pour passer ma commande. Tu étais là, l’air serein, calme, avec tes dreads roses au bout d’une chevelure entremêlée et d’une longue repousse châtain. Tu attendais impassible, un pas de côté. Quand j’ai compris que tu avais déjà été servie, j’ai commandé ma frite. Tu portais un pantalon de coton ouaté beige, ample et court, un large manteau ouvert par-dessus ton kangourou noir et quelques autres chandails superposés. C’est vrai qu’il ne fait pas chaud et qu’on vient d’essuyer l’une de ces fameuses tempêtes de neige du mois de mars, qui font rager tous ceux qui ont hâte que l’hiver s’évanouisse. Je suis frileuse. Je suis habillée pas mal plus chaudement que toi. Je consulte mon téléphone, tu regardes patiemment autour de toi.

Ma frite arrive avant ton burger. Je me demande pourquoi. Peut-être ta commande était-elle plus volumineuse que la mienne? Je suis plutôt fauchée ces temps-ci. Juste une petite frite pour apaiser ma faim avant d’aller retrouver mes amis, ce sera suffisant. Je me dis que je mangerai mieux ce soir, à la maison. Ça me donne bonne conscience. Je m’assois un peu plus loin, sur un tabouret, à peu près à mi-chemin entre le comptoir des commandes et la porte d’entrée. Tu attends toujours. J’ai l’impression de t’avoir vue sourire. Je plonge dans un bouquin en grignotant ma frite.

Un bruit. Je lève les yeux. En face, un employé vide la poubelle. Ha non! C’est toi. Merde! Tu as échappé quelque chose dans la poubelle? Wash! Tu as ouvert la porte de la boîte qui la masque et en as retiré la poubelle pour y plonger la main. Des clés? Un bracelet? La poisse! Tu restes calme, pourtant. Et mes yeux s’arrondissent lorsque je te vois en sortir un sandwich, à pleine main, aux trois-quarts mangé. Non! Mais qu’est-ce que tu fais? Et tu replonges la main pour en ressortir un restant de frites, puis un petit contenant de mayonnaise. J’ai envie d’aller te voir et de t’offrir un repas et, curieusement, j’hésite. Je me demande à quel point tu le fais par liberté ou pas. Tu as l’air heureuse d’avoir trouvé ton sandwich et avant que j’aie seulement le temps de voir clair parmi les idées qui traversent mon esprit, tu as déjà replacé la poubelle convenablement et commencé à te diriger d’un pas sûr et décidé vers la porte de sortie, arrachant à pleines dents une bouchée à ce restant de sandwich. Tu pousses la porte d’un grand geste, comme la femme qui inspire l’air nouveau alors qu’elle marche vers la liberté, et tu sors au coin de St-Denis et Mont-Royal, avec toute la confiance de celle qui a pris son repas pour emporter.

Sur mon petit tabouret, je reste estomaquée. La pauvreté prend vraiment des visages de plus en plus différents… On peut toujours choisir la façon dont on vit les choses. La tienne m’impressionne.

 

Photo: Michael Vesia

2018

Ô Bali – Quelle découverte!

8 Déc

Ô Bali – Quelle découverte!

Hier soir avait lieu ce fameux concert de musique balinaise dont je vous ai parlé un peu plus tôt cette semaine. Quelques minutes avant le début du spectacle, les sièges de la salle Pierre-Mercure, à Montréal, étaient presque tous remplis. Il faut dire que le public était déjà conquis! Si à peine 20 à 30 personnes sur les 600 que peut contenir cette salle avaient déjà mis les pieds à Bali, une grande majorité avait déjà entendu jouer un gamelan! Je n’en faisais pas partie.

Le gamelan est un ensemble de musiciens qui s’exécutent sur des instruments traditionnels balinais ou javanais. Le chef de l’ensemble Giri Kedaton, Pierre Paré-Blais, a d’ailleurs fait une présentation de ces instruments fort intéressante en début de soirée.

Puis, vint le concert. Pour moi, ce fut la surprise. Par curiosité, j’avais écouté un peu de gamelan sur Internet. Je dirais que ce contexte est une excellente façon de constater les limites de ce qu’un micro et du son compressé sur Youtube peuvent vous faire entendre. Rien n’a d’égal l’oreille dans la salle de spectacle ! Les nuances sont tout autres, les sons plus définis, la mélodie plus harmonieuse et plus agréable. Vraiment, c’est une expérience à découvrir en personne.

Derrière leurs instruments, certains étaient concentrés, d’autres amusés. L’amorce du concert vient avec un rituel de mise en place et de prise de possession des instruments. Et ça commence! On aurait envie d’être un petit oiseau pour voler au-dessus de ces instruments rouges et or et observer la rapidité avec laquelle les musiciens percutent les lames de métal et de bois de leurs instruments. Puis retentit le gong. Le plus gros. Grave, profond, long. Il émet un son que je n’avais jamais entendu. Une vibration, une résonance, presque un ohm.

Le compositeur à qui l’on rendait hier soir hommage, José Evangelista, explique dans une vidéo de la SMCCQ certains principes de cette musique si caractéristique. « On dit que [la musique] est hétérophone parce que tous les musiciens, en réalité, jouent la même idée musicale, mais étant donné qu’elle est ornementée, on dirait qu’elle se superpose à elle-même. » En gros, c’est un peu comme si les musiciens jouaient en canon, mais avec un décalage minime de moins d’une seconde, d’où cette impression de superposition.

Grande particularité de ce concert, un orchestre d’instruments occidentaux, sous la direction de Walter Boudreau, s’est attaqué à la pièce Ô Bali. De toute beauté! Composée par Evangelista et inspirée du gamelan, on y sent toute l’influence balinaise dans la cadence comme dans la mélodie. Après, cette même pièce a été jouée par un gamelan, en grande première mondiale, devant nous. En toute honnêteté, il m’était plus facile de reconnaître l’influence du gamelan dans la composition d’Evangelista que de reconnaître la pièce entendue précédemment sous les rythmes du gamelan.

Les danseuses à l’oeuvre sur les rythmes du gamelan Giri Kedaton. Crédit photo: Jérôme Bertrand

 

Le spectacle comportait aussi des pièces de deux compositeurs balinais, interprétées par le gamelan, dont l’une comportait un numéro de danse classique typique de Bali. Trois danseuses ont pris d’assaut le centre de la scène, dans leurs chatoyants costumes rouges et jaunes, avec des coiffes majestueuses. Ondulations des bras, cou tendu, coup d’oeil et petits pas, elles ont raconté une histoire où elles personnifiaient des animaux, comme c’est souvent le cas dans cette danse traditionnelle. Cette fois-ci, gracieuses et agiles, elles se sont transformées en canards, aux rythmes des percussions, des flûtes et des gongs.

Ce spectacle fut donc une grande découverte, une incursion réussie dans une culture qui m’est complètement étrangère, mais que j’ai maintenant envie de découvrir davantage. Quand j’ai demandé à José Evangelista ce qu’il avait pensé de l’adaptation et de l’interprétation de sa composition au gamelan, il m’a répondu, d’un air amusé et avec une pointe de fierté:
« C’est comme s’amuser à être dans la tête du compositeur. Il y a plusieurs interprétations possibles, plusieurs voies. Ça, c’en est une.
– Et l’adaptation, elle vous a plu?
– C’est moi qui l’ai composée! a-t-il lancé. »

Ce qui me fait conclure que malgré les adaptations et possibles versions d’une composition-mère, malgré la touche d’autres artistes, l’auteur conserve en tout temps et sous toutes versions son sentiment de paternité sur l’oeuvre.

Bravo Evangelista!

L’ensemble Giri Kedaton, lors du concert Ô Bali.
Crédit photo: Jérôme Bertrand

(2017)

Sac au dos, comme la fille de Michael Jackson

29 Nov

Sac au dos, comme la fille de Michael Jackson

Que feriez-vous si vous aviez 19 ans les moyens de toutes vos envies?

La fille de Michael Jackson, Paris, qui est actrice et mannequin, a décidé comme tant de jeunes de son âge de partir vers les vieux continents, sac bien vissé sur le dos. Comme quoi les envies de liberté, d’émancipation et de découvertes sont bien universelles. On l’a aperçue mardi, à Rennes, jouant de son ukelele sur une place publique. (vidéo disponible ici)

PJ

Ça ravive en vous des idées de voyage? Ça vous replonge dans de vieux souvenirs? Personnellement, ceux que je conserve de cette époque et d’environ 3 années passées dans les aéroports, sur des bateaux ou à vivre dans des villes étrangères sont des souvenirs impérissables. Ce plaisir de se perdre dans une ville inconnue, de commencer une journée sans savoir où elle nous mènera, cette fébrilité de prendre l’avion sans savoir où on dormira le soir, le regard vierge devant la découverte de nouveaux endroits et de nouvelles cultures, ces odeurs, ces saveurs, ces gens sur notre route, ces rencontres, tout cela est bien unique aux voyages et bien souvent aux premières fois aussi.

Rennes

Ça prend une certaine gymnastique cérébrale (ou de conscience) pour retrouver ces sentiments tout en restant chez soi. De temps en temps, dans une vie devenue sédentaire et pleine de responsabilités, j’arrive à retrouver cette liberté de me sentir touriste chez moi. J’arrive alors à remettre ces lunettes qui font redécouvrir des lieux que l’on côtoie tous les jours, lorsque l’horaire permet de se laisser simplement guider par les événements.

La pleine liberté des voyages de 20 ans, celle des 40 ans et celle des 60 ans doit être accompagnée de réflexions bien différentes… Enfin, je l’imagine. Je n’ai connue que celle des 20 ans. La jolie Paris, quant à elle, semble être au coeur d’un bouleversement de valeurs. J’en veux pour preuve cette photo de Jim Carey qui apparaît sur son compte Instagram:

Je pense que tout le monde devrait devenir riche et célèbre et pouvoir réaliser tous ses rêves, comme ça, chacun réaliserait que ce n'est pas la réponse. - Jim Carey

Je pense que tout le monde devrait devenir riche et célèbre et pouvoir réaliser tous ses rêves, comme ça, chacun verrait que ce n’est pas la réponse. – Jim Carey

Les photos sont issues du compte Instagram parisjackson

(2017)

Des « Vieux Criss » qui ont tout compris !

15 Nov

Des « Vieux Criss » qui ont tout compris !

Samedi dernier, je suis allée voir le spectacle des Vieux Criss, à l’Astral, à Montréal. Que d’émotions!

En me pointant à la salle de spectacle, je m’attendais à voir cette bande de vieux routards de la musique replonger dans ces anciens succès qui ont fait d’eux des vedettes des années 60 et 70 au Québec. François Guy, Gilles Valiquette, François Léveillé et Michel Le François cumulent à eux quatre plus de 200 ans d’expérience! Quand retentissent les premiers accords, la vibration seule contient la fougue irrévérencieuse des Sinners de François Guy, la mélodie habile des mots de François Léveillé, le poids des 71 succès radio de Michel Le François et la résonance de la créativité sans bornes de Gilles Valiquette. Quand retentissent ces premiers accords, 200 ans d’histoire, d’expérience et de bonheur de la scène vous entrent en pleine poitrine. Et leurs anciens succès ? Ils se les échangent, se les volent, les revisitent et les réinterprètent.

Les Vieux Criss, en spectacle à l'Astral.

Les Vieux Criss, en spectacle à l’Astral. Novembre 2017.

 

Sur la scène, ils se donnent, ils s’amusent, ils oublient les cheveux devenus gris et nous transmettent cette passion de la musique et du spectacle. Les voix sont justes et limpides. Elles sont sans âge. Et c’est là, que ce spectacle commence à être émouvant. Dans le temps qui passe et qui laisse ses marques sur le corps, le visage, les articulations, certaines choses ne changent pas. Ces voix qui chantent bonheur et succès, viennent déjouer vos yeux et votre mémoire. Quel âge ont ces voix ? Elles sont encore si claires, si belles ! Est-ce possible ? Et comme par magie, on comprend ce qui garde en vie, ce qui garde un être jeune, au fil des mélodies, des fou rires et de numéros qui se succèdent.

Pur plaisir pour les oreilles, c’est un privilège que de pouvoir apprécier des arrangements musicaux orchestrés par de tels spécialistes! Que l’on reconnaisse les pièces, qu’on les chante à pleins poumons ou qu’on les découvre, cet univers musical des routiers de notre chanson québécoise a quelque chose de transcendant. Ils ne sont pas nostalgiques, ils ne chantent pas la gloire d’une vie passée. On les sent plutôt inscrits dans le moment présent, pleinement conscients, justement, du temps qui est passé et de celui qui reste devant. Et ça, ça rend leur livraison toute particulière. On sent qu’on a devant soi quatre Vieux Criss qui se sont dit: « Nous, on ne va pas s’arrêter là! On va profiter de cette aventure extraordinaire jusqu’à la dernière seconde, on va faire ce qu’on aime jusqu’au bout et goûter chaque moment! » On sent que ces gars-là, ils ont décidé de faire leur bonheur.

Qu’on ait 20 ans et tout à découvrir, qu’on affronte la trentaine avec l’immensité de son choc, que l’on franchisse le cap de la quarantaine avec ses remises en questions ou que l’on redoute celui de la cinquantaine, ce spectacle est pour tous. Car, à chacun, il saura inspirer, montrer que la vie est belle si on le décide et que l’âge n’est qu’un concept qui devrait se calculer en activité plutôt qu’en années. Car ces Vieux Criss que j’ai vus sur scène, je les ai vus animés de bonheur, de plaisir, de désir et d’une vie sans âge. C’est un spectacle qui fait du bien, à voir et revoir. Merci les gars !

Les Vieux Criss: Gilles Valiquette, François Léveillé, François Guy, Michel Le François.

Les Vieux Criss: Gilles Valiquette, François Léveillé, François Guy, Michel Le François.

15 novembre 2017

375 ans de quoi ? D’immigration !

25 Nov

375 ans de quoi ? D’immigration !

La publicité lancée cette semaine pour les fêtes du 375e de Montréal, ne montrant que des Blancs, en a choqué plus d’un. Les médias québécois manqueraient d’audace ou ne sont-ils que des décennies en retard ?

Dans le Québec des années 60 ou 70, quand un étranger arrivait dans un nouveau patelin, on lui demandait d’où il venait, on le questionnait sur ses origines, ses habitudes de vies. C’était l’expression d’une certaine curiosité de l’Autre, puis, on passait à autre chose. Depuis, la société est aussi passée à autre chose, mais pas les médias.

Les décennies de retard des médias québécois

On croirait parfois la télé figée à cette époque ancienne. Avant de pouvoir faire partie de la sphère médiatique, on dirait qu’il faut d’abord parler de sa différence. Pour exercer un attrait télévisuel, s’il ne partage pas l’origine de la majorité, l’humoriste mettra la différence culturelle en avant, le chroniqueur ira parler de communautés culturelles, le chanteur donnera dans la tradition des ancêtres et ainsi de suite. Après coup, l’artiste pourra passer à autre chose et exister en tant qu’artiste.

Durant une entrevue avec Gilbert Rozon et Philippe Fehmiu sur RDI cette semaine, Patrice Roy a admis : « Dans les médias en général, les émissions de grande écoute, les émissions d’information, oui, on doit faire davantage d’efforts. » Il traduisait bien malgré lui un état d’esprit largement généralisé : l’effort. L’effort de faire une place à la différence, alors que ça devrait maintenant être naturel, dans un contexte de réelle ouverture et d’acceptation.

À force de se sentir exclu, ce public, qui ne se reconnaît pas dans les médias québécois, va consommer ailleurs, là où ces premiers pas sont déjà largement franchis, soit au Canada anglais et aux États-Unis. Perte d’auditoire dans un marché déjà en crise.

Le serpent qui se mord la queue

Le web interpelle les jeunes, mais aussi l’ouverture et l’inclusion. Si la télé continue d’être si fermée, le jeune public va continuer de déserter, pour cause de divergence de valeurs et de vision. Rien ne sert de tenter de séduire le jeune public sur le web si c’est pour y véhiculer les mêmes archétypes.

Gilbert Rozon, dans la même entrevue, au sujet de la grande émission qui doit lancer les festivités du 375e de Montréal, a expliqué: « Il y a eu des choix de marketing qui ont été faits, de mettre les stars en avant, pour aller chercher de l’auditoire. »

« Mettre des stars en avant ». C’est à la fois la bête noire et le dada des stations de télé, Radio-Canada y compris. Avec les multiples compressions subies, il lui faut maintenant capitaliser sur la popularité des visages mis à l’écran afin que les publicitaires y placent à bon prix leurs annonces. Si les promesses de cotes d’écoute ne sont pas remplies, il faut rembourser une partie du montant aux publicitaires. Le diffuseur public fait maintenant des sondages de popularité avant d’accepter de confier une émission à quelqu’un. De nos jours, la façon de s’exprimer, de faire des liens, d’amener, de cerner et creuser un sujet passe après la popularité de l’individu. Et comme la télé fabrique les vedettes, elle tourne désormais sur elle-même. C’est le serpent qui se mord la queue. Comment voulez-vous qu’elle change si les gens connus ont une couleur homogène et qu’on ne veut que des gens connus ?

Osez!

En 2012, Philippe Fehmiu et moi avions animé une émission spéciale à MAtv portant sur la diversité à l’écran. Des représentants des tous les milieux y étaient : diffuseurs, producteurs, comédiens, auteurs, etc. Une chose m’avait frappée : la frilosité des auteurs. L’une avait dit ne pas oser écrire de rôles pour la diversité, parce qu’elle ne savait pas comment ça se passait dans les maisons, comment vivaient les gens. Oublierait-on qu’il y a ici plusieurs générations installées ? Que l’on peut mettre en scène une jeune asiatique qui vit exactement comme une jeune québécoise ? Un Noir qui vit avec une Blanche dont les enfants sont adoptés ? Une grand-mère Blanche remariée avec un Latino ? Et la beauté de la chose, c’est que tout ce beau monde vit des histoires d’amour enlevantes, des problèmes au travail, une adolescence tourmentée, des hauts et des bas tout comme les Québécois et ça a rarement de lien avec la couleur ou l’accent.

Chers amis des médias, osez le rattrapage, osez la vie que vous connaissez en sortant du bureau ! Ça ne peut qu’être positif. On aimerait ça se reconnaître quand on allume la télé et faire partie du party nous aussi. Parce qu’au fond, on va fêter ensemble 375 ans d’immigration, non ?

 

Photo: Philippe Fehmiu et Marie-Eve-Lyne Michel durant l’émission Les coulisses d’open Télé (MAtv), portant sur la diversité à l’écran.
Crédit Photo: Charles Nouÿrit

(2016)

Petite bulle de bonheur

4 Nov

Petite bulle de bonheur

Dans ces jours où l’automne s’efface doucement, où la froidure et la noirceur gagnent à chaque instant un peu sur notre moral, je me terre dans mon bureau et travaille. Lors de petites pauses où mon esprit divague, j’ai l’impression d’entendre, dans un écho lointain et délicat, le rire ensoleillé de mes enfants jouant dehors.

Comme si le temps se tordait, je suis aspirée dans les dernières chaudes journées de l’automne 2015, alors que l’été ne voulait plus nous quitter et que nous continuions de nous languir dans cette chaleur agrémentée du voile chatoyant des couleurs automnales. Mon Petit Coeur n’avait alors que 21 mois. Nous faisions des bulles, dans la cour. « Encore maman! », lançait-elle en riant. À pleins poumons, à plein bonheur, je soufflais et gonflais des bulles de savon. Sans répit, avec une joie qui ne se tarit pas, elle courait et sautait derrière chacune pour les attraper. Et elle riait, haut et fort. Sans relâche, avec un plaisir jamais altéré, elle recommençait sa course, ses sauts, sa poursuite des bulles de savon. Et je me suis dit que c’était sans doute ça, le bonheur. Que cela. Réussir à vivre ce plaisir simple, entier et naïf dans l’atteinte d’une bulle de savon. Peu importe qu’on l’attrape ou pas, cette bulle. Le plus grand des plaisirs résidait dans sa poursuite.

Cette année encore, durant les belles journées de l’automne, nous avons fait le même jeu. Et dans la beauté de l’enfance, Petit Coeur s’est élancée avec le même entrain et le même rire derrière les bulles. Le vent les balançait, les ballottait. Et elle courait. Le soleil y faisait luire des reflets parfois bleus, parfois roses. La magie était la même. Le bonheur encore palpable. J’avais de l’admiration pour sa capacité à s’émerveiller toujours autant devant les bulles de savon. Je me suis promis de ne pas l’oublier et de prendre exemple sur ces deux petites années et demi d’existence.

Parce qu’en fait, ce n’est pas comme si c’était la dernière, qu’il nous faudrait vivre chacune de nos journées, mais bien comme si c’était la toute première. Encore et encore. C’est ainsi seulement, que l’on conserve une capacité d’émerveillement devant la vie et sa beauté. Il me semble…

 (2016)

Papa, maman est partie…

12 Juin

Papa, maman est partie…

« Papa, maman est partie… »

C’est ce qu’elle a dit, du haut de ses 17 mois, en regardant par la fenêtre, les yeux rivés sur la place de stationnement laissée vide…

Oui, maman est partie. Elle est partie pour le travail, trop tôt pour pouvoir t’embrasser, mon petit ange, trop tôt pour te prendre dans mes bras et te dire combien je t’aime…

Ça déchire le coeur d’une maman, tu sais? Les mamans vous portent en elles, durant 9 longs mois. Elles vous donnent naissance dans un moment inoubliable de bonheur et de douleur. Elles vous tiennent dans leurs bras jour et nuit, vous nourrissent à même leur corps, leur chair, leur sein. Elles aiment vous voir grandir, profiter, évoluer et un jour, brutalement, les règles de notre société moderne et capitaliste nous indiquent que c’est assez, qu’il faut quitter ce cocon et retourner vers le monde du travail.

Ce jour-là, mon petit coeur, les mamans pleurent en cachette. Elles vous sourient, vous encouragent, vous disent que tout va bien se passer et elles épongent leur yeux en feignant de mettre un peu de mascara. Je me réveille une minute avant toi, chaque nuit, je sens tes mouvements même dans une chambre séparée, mon corps me dit quand tu as faim, quand tu as soif. Une partie de ton ADN circule toujours dans mes veines. Et c’est une partie de moi que j’ai l’impression d’abandonner  à elle-même, un peu trop tôt, et beaucoup trop longtemps, chaque jour.

Maman est partie, mon petit coeur, mais elle reviendra. Cette nuit, quand tu seras endormie, elle viendra t’embrasser dans ton sommeil.

Les mamans reviennent toujours, mon petit coeur.
Je serai bientôt de nouveau avec toi, tous les jours.
J’y travaille.

Je t’aime!

Photo: Pixabay

(2015)

Oyé ! Oyé ! Voici ma nouvelle démo !

15 Avr

Oyé ! Oyé ! Voici ma nouvelle démo !

Oyé ! Oyé ! 

Sans blague, je suis plutôt fière du résultat parce que j’en ai fait le montage moi-même !

Des millions de fois merci !

Mais en fait, toute cette fierté, je la dois d’abord à vous, qui suivez mon blogue, mes réseaux sociaux et les émissions auxquelles je prends part, ainsi qu’à ceux qui, par leur maîtrise technique et leur savoir-faire, fabriquent ces émissions avec brio! Je pense aux réalisateurs, assistants-réalisateurs, recherchistes, caméramen, preneurs de son, et nombreux autres techniciens. On en a fait du chemin en quelques années, n’est-ce pas? Dès la toute première émission que j’ai animée en 2008, à VOX (maintenant MAtv), vous étiez là, à participer, conseiller et échanger. Vous m’avez communiqué des idées de topos pour Le Lab et le Technolab, vous avez partagé vos expériences à la suite de Couleur: Noirs, vous m’avez encouragée quand je mourais de nervosité lors de mes premiers passages à Radio-Canada ! Merci d’être là !

C’est vous qui me donnez des ailes, qui me donnez l’envie de continuer !

Ma démo contient des extraits du travail que j’ai fait avec l’équipe d’En direct de l’univers durant 1 an et demi et que peu de gens ont vu ici, car ce n’était diffusé que sur les ondes de TV5 MONDE, à l’extérieur du Canada. À ce qu’on m’a dit, même si les Canadiens n’étaient pas à l’écoute, vous auriez été, semaine après semaine, entre 2,5 et 3 millions de spectateurs outre-frontières. Alors, si vous n’avez pas encore vu le résultat, ne vous gênez pas, faites votre rattrapage télé ici ! Les plus curieux avaient peut-être vu ces capsules sur le site Internet de Radio-Canada. Il paraît que l’harmonie de l’équipe se perçoit toujours à l’écran. Jugez par vous-mêmes ce que donne une équipe de rêve: merci France Beaudoin !

Augmentation de l’audimat de 620%

En cours de visionnement, vous verrez aussi des extraits de l’émission TechnoLab que j’ai animée à l’été 2012. L’émission, qui avait été citée dans le journal Le Soleil parmi celles ayant permis à la chaîne VOX (MAtv) de redorer son image, est pour moi une grande source de fierté. Vous vous souvenez ? Entre la première semaine de diffusion et la douzième, nous avons augmenté l’audimat de 620% ! Quel succès, merci ! Et tout ça, en ayant énormément de plaisir à tourner cette série d’émissions avec une équipe exceptionnelle et très généreuse. Il est parfois difficile de naviguer entre les données de cotes d’écoute car il y a la portée, l’audimat, ceux qui sont passés sur la chaîne et ceux qui sont restés, etc. Honnêtement, je m’y perds. Mais je sais qu’on m’a donné, en début de saison, le chiffre de 38 000 spectateurs et qu’on a fini la saison avec 236 000. Chapeau bas à Norman Sutton, réalisateur !

Des centaines d’autres entrevues

Vous verrez aussi des extraits d’Open Télé, dont j’ai animé avec plaisir l’émission en coulisses durant 6 saisons, à MAtv. Que de sujets abordés et que d’invités passionnants ! Bravo les recherchistes, bravo Roger Tremblay, réalisateur ! Et que dire des chroniques technos que j’ai faites sur le plateau ensoleillé de Cap sur l’été, à Radio-Canada ? Du bonheur, du rire et des gadgets, je crois que ça résume l’esprit de ces moments partagés avec cette équipe enjouée ! Un merci tout spécial à Marc Hervieux et Marie-Josée Taillefer pour leur accueil si chaleureux !

Plus de 180 reportages, 185 entrevues d’affaires publiques et 150 entrevues culturelles: impossible de tout mettre ici ! Je vous invite à visiter LinkedIn, où je dresse la liste de mes différentes expériences et la page Extraits Télé, sous l’onglet MEDIA, qui présente quelques autres vidéos.

 

 

Pour tout cela, je vous dis des millions de fois merci et vous tends la main pour la suite !

Passages à Quelle Histoire! en 2015

7 Nov

Passages à Quelle Histoire! en 2015

Un des aspects que j’adore du métier que je fais, c’est de rencontrer des gens, découvrir leur histoire et trouver la meilleure façon de la partager. La télé me permet de vivre ce plaisir à chaque occasion.

À l’hiver 2015, je ferai partie de quelques émissions de Quelle Histoire!, qui reviendra à l’antenne de Radio-Canada pour une série de 36 émissions, animées par Clodine Desrochers.

Ma collaboration aura été de courte durée (j’ai choisi de ne pas la maintenir), mais elle m’a néanmoins permis rencontrer des gens des plus intéressants, que j’ai hâte de vous faire découvrir. Diffusions à noter:

  • Lundi 5 janvier 2015:  chronique sous forme de combat (3 min)
  • Mardi 13 janvier 2015: petite capsule (45 sec)
  • Lundi 19 janvier: chronique sous forme de combat (3 min)
    et reportage (mais on ne me voit pas)
  • Mardi 27 janvier 2015: reportage dont je fais partie
  • Mercredi 4 février 2015: reportage dont je fais partie
    et reportage (où on ne me voit pas)
  • Mardi 10 février 2015: reportage dont je fais partie
    et reportage (où on ne me voit pas)
  • Mardi 3 mars: un reportage dont je fais partie
    (ces dates sont susceptibles d’être modifiées > modifiées le 14 janvier)

On va garder les sujets secrets, mais voici quelques photos-souvenirs pour vous mettre en haleine.

Soyez à l’antenne en 2015!

 

Fou rire sur le plateau! *avec Patsy Van Roost

Fou rire sur le plateau! *avec Patsy Van Roost

 

Quelques tournages et belles rencontres en vrac!

Quelques tournages et belles rencontres, en vrac!

 

Enregistrement dans la salle des nouvelles

Enregistrement dans la salle des nouvelles de Radio-Canada

 

Un plaisir de monter à cheval pour le boulot!

Un plaisir de monter à cheval pour le boulot!

 (2014)

Mode maternité: merci Thyme!

14 Jan

Mode maternité: merci Thyme!

Au cours de l’automne, j’ai partagé ici quelques une des tenues de maternité que j’ai eu l’occasion de porter durant les tournages auxquels j’ai pris part. Semaine après semaine, durant 22 émissions au total, Thyme Maternité m’a permis de me sentir toujours à mon meilleur devant la caméra et d’accepter, avec élégance, les kilos qui venaient arrondir mon corps. Pour cela, je tiens à vous remercier, Thyme Canada.

J’ai aussi eu le plaisir de recevoir une carte-cadeau de la boutique, grâce à laquelle j’ai pu me sentir tout aussi bien dans ma vie de tous les jours, une fois les caméras et les projecteurs éteints, qu’au travail. Les vêtements qui j’y ai trouvés sont aussi ceux que j’ai portés après l’accouchement quand j’ai voulu me reposer et me sentir confortable, tout comme à Noël quand j’ai souhaité être élégante avec mes rondeurs « résiduelles » et l’allaitement. Ce sont aussi les vêtements que je porte encore aujourd’hui, en attendant de retrouver ma taille et, par le fait même, ma garde-robe d’avant grossesse.

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Et une fois mon petit trésor venu au monde, alors que je venais tout juste de rentrer à la maison, j’ai eu la surprise de voir un gros paquet être livré chez moi. Une grosse boîte arrivée par Purolator qui m’a fait dire au livreur qu’il s’était forcément trompé de maison. Il a ri et a déposé dans le vestibule le paquet qu’il portait. Quand je l’ai ouvert, j’en ai eu les larmes aux yeux! C’était un magnifique panier rempli d’accessoires utiles pour la maman, de crèmes pour prendre soin de ce corps en guérison et même d’un petit vêtement tout mignon pour bébé. Ça m’a vraiment fait chaud au coeur!

Pour le confort et l’élégance, pour ces cadeaux et ces gentillesses, je veux ici remercier chaleureusement l’équipe de Thyme Maternité. Dans ces moments où on vit un mélange de fatigue et de bonheur, de douleur et d’émerveillement, vos attentions m’ont touchée et m’ont fait plaisir. Les hormonnes en montagnes russes se sont chargées du reste!

Merci! Ça donne envie de recommencer!!

 

photo 1

 

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(2014)